Le Souffle du Monde

Création théâtrale réalisée à partir de témoignages de personnes dont l'histoire individuelle est liée à l'immigration.

Quelle est la place et le rôle de son héritage culturel dans l'identité et la vie d'une  personne dont l'histoire est liée à l'immigration ? Comment l'histoire qu'elle porte en elle crée une double culture et influence son identité... Comment trouve t-elle une place dans notre société?  

L'auteur Anne Massé a recueilli une trentaine de témoignages en région Rhône Alpes, en milieu urbain et rural. Les personnes qui se sont exprimées, hommes et femmes de tous âges, ont vécu elles mêmes l'immigration, ou bien sont fils, filles ou petites filles, petits fils, d'immigrés. Ils sont venus d’Italie, Arménie, Maroc, Algérie, Cambodge ou Europe de l’Est. Leurs paroles nous parlent d'aujourd'hui. Elles relèvent de l'intime, de l'expérience personnelle, recèlant douleur, incertitude et bonheur.

De leurs réflexions, Anne Massé a écrit un texte de théâtre, (re) créant 8 "portraits" scéniques qui portent des thématiques  aussi diverses que  les origines, l'art, les valeurs, l’éducation, la langue, l'entraide, la nourriture, l’identité, la transmission. 

Interprétés par une comédienne et un comédien, chaque personnage nous parle à sa façon de son expérience, de son évolution, de ses doutes... s’exprimant sur le lien à sa culture d’origine et sur l’interculturel vécu chaque jour.  Des paroles intimes fortes, inattendues, émouvantes, qui offrent matière à réflexion... et sont étonnamment loin des mots des médias et des politiques. 

Les portraits scéniques alternent avec le récit de 3 histoires emblématiques du mix des cultures. Trois grandes aventures de migrations humaines, qui ont eu lieu à la Préhistoire, au 20ème siècle, ou l'année dernière, en Grèce, en Italie et ici "là où nous sommes réunis ce soir".

La mise en scène de Philippe Guyomard privilégie la direction d'acteurs pour créer un rapport au public, chaleureux, vivant et complice. Les comédiens font vivre leurs personnages avec tact, justesse et sobriété.

La scénographie fait appel à des projections d'images et à la couleur bleue, en référence à la paix, à la sérénité... et à la mer.

Un moment d’humanité, contrasté et poétique, non sans un certain recul amusé, pour donner des visages à l'immigration, et en parler sans chiffres ni discours anxiogènes. Pour mieux nous embarquer aussi dans un voyage «vers l’intérieur, vers nos racines ». A tous.

Extraits :

François, petits-fils d’immigrés arméniens : « Parce que moi, François, je me sens arménien, je n’oublie pas. Mais je suis français, c’est mon identité. Enfin, euh… je me sens français, et je suis arménien. Non. Ce que je disais, c’est que je suis français, et je… Enfin, bref, j’écoute Dutronc et Aznavour, je mange français et j’ai des plants de vigne dans mon jardin… pour les feuilles de vigne farcies ! »

Ahmed, 54 ans, en France depuis 36 ans : « Ma peinture est un mix entre ce qui m’a influencé ici, et mes racines. Elle exprime les deux mondes. Elle exprime aussi ce que je suis : un Français dans un grand écart permanent. C’est pas confortable, mais si je gomme trop du côté de mes origines, qui je deviens ? T’as beau effacer, il reste toujours le fond… »

Farouk, étudiant né en France, 22 ans. « …. J’apprends tout ce que mes parents n’ont pas pu m’apporter. Je « parfais » ma culture française. C’est des codes, des règles… ça vous paraît peut-être évident, mais quand on vient d’un environnement, disons, à part, c’est pas si simple : je m’appelle Farouk, pas Franck ! »

Chanthy, infirmière cambodgienne, réfugiée depuis 1984. « (…) en Asie, le respect c’est le plus important. Ici, j’ai observé : où est la morale ? Où sont les valeurs ? J’ai trouvé la liberté d’agir, d’évoluer, de travailler. Pour la liberté, j’ai observé. Où sont les limites ? Ici on va à l’école sans uniforme, mais il y a une morale. On va et on vient dans la rue comme on veut, habillé comme on veut, de toutes les couleurs, les filles avec les garçons. Mais il y a une morale. On peut même parler de politique, c’est sans souci. C’est important, la politique, dans la vie. Maintenant je suis Française, je parle en face… et ça me fait avancer. »

Les Etincelles, groupe de jeunes femmes originaires du Maghreb : « Nous, on est d’ici, même si on tient à notre culture d’origine. Nos pères, leur histoire fait partie de l’histoire de France. On fête le 14 juillet, L’aïd el Kebir…on fait le sapin de Noël, le Ramadan… »

Paola, 42 ans, arrivée d’Italie à 3 ans : « Le mix des cultures, il est dans ma cuisine, mais surtout, il est en moi. Si j’avais grandi dans un quartier sans mixité, je ne serais pas celle que je suis ».

Fatima, jeune marocaine arrivée il y a 6 ans. « (…) ici, j’ai pu réfléchir à ce que c’est la tradition. Ma culture. Ma religion. »

Marc, 28 ans, réfugié d’Europe de l’Est : « Hébergés au centre d’accueil d’urgence, on a découvert toutes les cultures du monde, mais aussi toute la misère du monde (…)

Auteur : Anne Massé
Metteur en scène : Philippe Guyomard

Jeu : Anaïs Serme, Mehdi Belhaouane
Conseil costumes : Clotilde Laude
Images, lumières : Jean-Pierre Portier

Production : Olivier Large

PARTENAIRES :

Centre du Patrimoine Arménien - Valence-

La Cinquième Saison - Royans-Vercors.

Commune de Roynac (26).

Biennale Culturelle de Nord en Sud (38).

Festival Textes en l’Air - St Antoine l’Abbaye (38).

Le Grand Séchoir – Vinay (38).

Archives Départementales de l’Ardèche.

Archives départementales de la Drôme.

Région Auvergne Rhône Alpes.

Département de la Drôme. 

Représentations en 2017

15 juin Valence Centre du Patrimoine Arménien- Archives du Département, au Conservatoire Musique et Danse 18h30

23 juin St André en Royans (38) De Nord en Sud. S-Fêtes 20h30

30 juin Vinay (38) De Nord en Sud. Le Grand Séchoir 20h30

30 juillet St Antoine l’Abbaye (38)  Festival Textes en l’Air

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